Étincelle du 9 février : le beau et la transmission

La dernière Étincelle de février avait lieu, une fois encore, à distance. Nous avons hâte de reprendre nos rencontres habituelles mais les changements de modalités n'entament pas la qualité des échanges ! L'Étincelle du 9 février était préparée par Amaury Perrachon sur le thème "Ce que tu as éprouvé de beau, transmets-le".

S'inspirer en musique

Salut Salon est un quatuor féminin déjanté créé à Hambourg en Allemagne en 2000 par deux amies d'enfance violonistes, associées à une violoncelliste et à une pianiste. Les quatre musiciennes présentent un répertoire divers : classique, airs populaires, airs de chansons, jazz, pop, bruitages, emploi d'une marionnette...

Pour s'inspirer autour du beau et de la transmission : "Wettstreit zu viert" ou "compétition à quatre".


S'inspirer de la beauté par la littérature et les oeuvres d'art

Si les hommes et les femmes pouvaient parler ouvertement de leurs relations, de leurs sentiments, de leurs corps, l’humanité entière serait plus épanouie, plus créatrice. Je suis sûr que ça arrivera un jour !

Les désorientés, Amin Maalouf, Éditions Grasset, 2012.


Marie-Laetitia Britsch

Il n’y a ici-bas, à proprement parler, qu’une seule beauté, c’est la beauté du monde. Les autres beautés sont des reflets de celle-là, soit fidèles et purs, soit déformés et souillés, soit même diaboliquement pervertis.

En fait, le monde est beau. Quand nous sommes seuls en pleine nature et disposés à l’attention, quelque chose nous porte à aimer ce qui nous entoure, et qui n’est fait pourtant que de matière brutale, inerte, muette et sourde. Et la beauté nous touche d’autant plus vivement que la nécessité apparaît d’une manière plus manifeste, par exemple dans les plis que la pesanteur imprime aux montagnes ou aux flots de la mer, dans le cours des astres. Dans la mathématique pure aussi, la nécessité resplendit de beauté.

Intuitions pré-chrétiennes, Simone Weil, 1951.


Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélangé du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l'odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d'argent ; les cristaux à facettes, couverts d'une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles ; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table ; et, dans les assiettes à large bordure, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d'évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. Les pattes rouges des homards dépassaient les plats ; de gros fruits dans les corbeilles à jour s'étageaient sur la mousse ; les cailles avaient leurs plumes, des fumets montaient ; et, en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot, grave comme un juge, le maître d'hôtel, passant entre les épaules des convives les plats tout découpés, faisait, d'un coup de sa cuillère, sauter pour vous le morceau qu'on choisissait.

Johannes Vermeer, Jeune fille à la perle, circa 1665

Madame Bovary, Gustave Flaubert, Flammarion, 1857.


Nous sommes descendus dans le salon et j’ai demandé à maman si on pouvait sortir jouer dans le jardin et maman a dit qu’il faisait trop froid, mais Louisette a fait le coup des paupières et elle a dit qu’elle voulait voir les jolies fleurs. Alors, ma maman a dit qu’elle était un adorable poussin et elle a dit de bien nous couvrir pour sortir. Il faudra que j’apprenne, pour les paupières, ça a l’air de marcher drôlement, ce truc !

Le petit Nicolas, de René Goscinny, Gallimard, 1960.


Vous êtes les gardiens de la beauté ; vous avez, grâce à votre talent, la possibilité de parler au cœur de l'humanité, de toucher la sensibilité individuelle et collective, de susciter des rêves et des espérances, d'élargir les horizons de la connaissance et de l'engagement humain. Soyez donc reconnaissants des dons reçus et pleinement conscients de la grande responsabilité de communiquer la beauté, de faire communiquer dans la beauté et à travers la beauté !

Soyez vous aussi, à travers votre art, des annonciateurs et des témoins d'espérance pour l'humanité ! Et n'ayez pas peur de vous confronter avec la source première et ultime de la beauté, de dialoguer avec les croyants, avec ceux qui, comme vous, se sentent en pèlerinage dans le monde et dans l'histoire, vers la Beauté infinie ! La foi n'ôte rien à votre génie, à votre art, au contraire elle les exalte et les nourrit, elle les encourage à franchir le seuil et à contempler avec des yeux fascinés et émus le but ultime et définitif, le soleil sans crépuscule qui illumine et embellit le présent.

Discours aux artistes, Benoît XVI, 21 novembre 2009


Le poème, qu'est-ce que c'est ?
M'a demandé une fillette :
Des pluies lissant leurs longues tresses,
Le ciel frappant à mes volets,
Un pommier tout seul dans un champ
Comme une cage de plein vent,
Le visage triste et lassé
D'une lune blanche et glacée,
Un vol d'oiseaux en liberté,
Une odeur, un cri, une clé ?

Et je ne savais que répondre
Jeu de soleil ou ruse d'ombre ?
Comment aurais-je su mieux qu'elle
Si la poésie a des ailes
Ou court à pied les champs du monde ?

La fillette et le poème, Maurice Carême


Baie de Quiberon

Hymne de United Persons for Humanness

Logo de UP for Humanness

L’humanité est unité, fais-la grandir
L’autre est précieux, rencontre-le
La vérité est infinie, cherche-la
La Terre est notre paradis, cultive-le
Chaque personne est une histoire sacrée, défends-la
Ce que tu as éprouvé de beau, transmets-le
La vie est mouvement, deviens ce que tu es
Aime la justice, ose être libre
Le travail est une force, fais lumière sur les talents
Pardonne-toi, pardonne-leur
La violence est odieuse, construis la paix
La souffrance n’a aucun sens, fais-toi proche

Que le jour se lève et que l’ombre s’enfuie !

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